| Désertification des insectes ?
Evidemment, en plein mois d'août, pas facile d'attirer un large public. Il n'empêche que quelques personnes, dont un jeune garçon accompagné de sa grand-mère, ont fait le déplacement pour mieux se renseigner sur qui vit en bordure de la voie verte (Bernay-Broglie). "Cette ancienne voie ferrée qui captait la chaleur en journée et la restituait tard dans la nuit créait un véritable micro climat. Depuis son éradication, il y a eu comme effet la destruction d'une partie de la faune et on ne retrouve plus la même richesse qu'auparavant. Des coléoptères traversaient la voie ferrée ; dans les talus, on trouvait de grandes fourmis des bois ; et beaucoup de papillons de jour : les vulcains, les citrons, les petits blancs et petits bleus, etc.", explique l'entomologiste. Certes, le bitume de la voie verte conserve aussi la chaleur mais crée surtout une zone toxique. Pour autant, il n'est pas rare de rencontrer beaucoup de libellules en période estivale, des bousiers (scarabées) au printemps en nombre "impressionnant" : il y a encore de la vie à petite échelle. L'écosystème y reste fragile du fait des passages des gens, des bas côtés entretenus au détriment de la faune. "Il existe des migrations et c'est particulièrement vrai pour les insectes. Le Moro sphinx (appelé aussi Colibri) est un grand migrateur. La pollution et la raréfaction de leur habitat naturel sont des facteurs qui peuvent chasser des souches originelles d'insectes de régions données." C'est pourquoi le spécialiste en la matière recherche à sensibiliser un maximum les gens. Pour l'entomologiste, les insectes ont "plus à nous apprendre que les être humains ; ils ont découvert des choses bien avant l'homme et pourraient perdurer bien après lui". Leur vie, leur description, leur fonction à travers l'écosystème, leur évolution et adaptation sont autant de motivations qui poussent Alain-Michel Bea à en savoir toujours plus sur ces animaux aux codes très élaborés et qui cohabitent avec nous. Les insectes s'autorégulent entre eux. Donc pas besoin d'insecticides tout aussi nocifs pour l'homme et les animaux domestiques que pour les envahisseurs. C'est en en prenant conscience, notamment sur les conséquences néfastes de tels gestes, que le membre de l'Office pour la protection des insectes et de leur environnement (OPIE) compte inverser la tendance. Il veut aussi créer des partenariats avec les écoles pour évoquer la vie des insectes auprès des jeunes générations, à l'instar des actions menées sur le tri sélectif, etc.
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