A propos du Chikungunya suite

A propos du Chikungunya suite 2

Précautions et traitement

La transmission directe du virus d'homme à homme n'existe pas. La transmission est dite indirecte car elle nécessite la présence d'un moustique vecteur : Aedes aegypti ou albopictus pricipalement. Côtoyer des personnes atteintes du chikungunya ne présente pas de risque direct, sauf si ceux-ci sont piqués par des Aedes qui se gorgent ainsi de leur sang riche en virus. Il existe une transmission in-utero du virus de la mère à l'enfant (une quarantaine de cas ont été décrit sur l’île de La Réunion). Le chikungunya peut alors provoquer des lésions neurologiques très graves au le fœtus, pouvant entraîner son décès in utero au cours du second trimestre. Le risque essentiel est constitué par l'accouchement en période virale, c’est-à-dire pendant le temps que la future maman est atteinte par le virus du chikungunya. Le plus souvent, l'enfant est donc contaminé et fait une encéphalite dans 10% des cas. En piquant une personne infectée, le moustique récupère le virus et peut le propager. La femelle Aedes ne sera alors infestante qu'après plusieurs jours de développement du virus dans son corps. Aucun médicament n'a été mis au point à ce jour ; seul un vaccin expérimental a été développé par l'Institut de recherche de l'armée des États-Unis. Il n’existe pas de traitement virucide. La choloroquine (Nivaquine) s'est montrée très efficace sur le virus. Les essais se sont donc poursuivis sur modèle animal (macaques) et ont permis de conclure sans ambiguïté que la chloroquine n'est pas efficace contre le virus in vivo. Faute de traitement étiologique, le traitement reste donc purement symptomatique. On peut toutefois d’après l’OMS, contrôler la fièvre et la douleur par la prise de paracétamol. Comme au cours de la dengue, l'aspirine ne doit pas être utilisée en raison des risques de saignement que cette molécule et que le chikungunya provoquent diminution du nombre des plaquettes sanguines. Le virus n'avait pas la réputation d'être mortel, mais des cas d'encéphalites et de défaillances d'organes ont été décrits lors de la dernière épidémie. Le chikungunya ne peut donc plus être considéré comme une maladie bénigne. Il existe des formes asymptomatiques (c’est-à-dire sans fièvre ni douleurs), mais dans une très faible proportion (6 - 10 % des cas). La protection individuelle est par les vêtements longs et clairs et l'usage de lotions répulsives tôt le matin et en fin de journée, mais celles-ci ont une durée efficace limitée (4 à 8 heures selon les produits), la moustiquaire imprégnée de répulsifs, la pose de grillages sur les ouvertures des maisons. En raison de la très forte virémie pendant la maladie, il faut insister sur la nécessité d'isoler les malades (confinement à domicile, répulsifs...), afin de limiter sa prolifération. En effet, en période épidémique, c'est le malade humain qui constitue le réservoir principal de virus et qui est donc un danger pour son entourage. La seule véritable prévention à ce jour consiste donc à combattre la reproduction et la prolifération des moustiques par élimination des gîtes larvaires. Nous n’insisterons pas assez sur les mises en gardes contre les récipients gardant de l’eau stagnante par exemple les vases des bouquets de fleurs, les bâches des piscines, les pots abandonnés dans lesquels la pluie stagne, les gouttières mal entretenues, les pneus exposés à l'extérieur. Aedes albopictus, moustique vecteur du chikungunya est donc lié aux activités de l’homme. Le chikungunya fait partie de la liste des maladies dont il faut obligatoirement en faire la déclaration : en France Métropolitaine, aux Grandes et Petites Antilles, dans le Pacifique Français, et à la Réunion depuis le 19 décembre 2008. N’OUBLIEZ PAS : Il ne suffit pas de se protéger soi-même, il faut aussi penser à la communauté.Aedes albopictus moustique tigre un des vecteurs du virus. Photo Gallia Tanenbaum 2010 (Go up)