A propos du Chikungunya suite

A propos du Chikungunya Suite 1

Cycle du virus

Comme chez toutes les espèces de moustiques, seule la femelle est hématophage (c'est-à-dire qu'elle doit se nourrir de sang pour assurer le développement optimal de ses œufs) et donc de transmettre le virus du chikungunya. La trompe de la femelle est munie de 2 siphons parallèles : l'un pour injecter la salive et le virus, l'autre pour pomper le sang après anesthésie locale, de la zone piquée, par de la salive. Les mâles étant des suceurs de sève d'herbacées ou de nectars de fruit, ils sont donc démunis de pièces buccales capables de transpercer la peau des vertébrés. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas en absorbant le sang mais juste avant, au moment d’injectant un peu de sa salive anticoagulante dans un vaisseau sanguin de sa victime, que la femelle moustique infecte son hôte. Un moustique s’infecte en effet en piquant un humain ou un animal contaminé. Le sang traverse ensuite la frontière stomacale de l’insecte pour passer dans ses glandes salivaires. La femelle devenue infectante elle le restera toute sa vie, soit un mois environ. En conséquence de quoi elle ne pique et ne pond que tous les trois ou quatre jours. Une femelle Aedes pond environ 300 œufs au cours de son existence. Lesquels peuvent persister plusieurs mois dans les cas de conditions défavorables (comme dans les années de sécheresse par exemple), avant de se transformer en larves puis en nymphes dès la remise en eau du site de ponte. L'imago s'envole et s'accouplera rapidement. Il existe ce que nous nommons, une transmission verticale, c’est-à-dire que les œufs pondus par une femelle infectée sont contaminés dans une très faible proportion (1 à 2 %), et donc sans répercussion réelle sur la transmission de la maladie.

Symptômes

L’incubation de la maladie dure de quatre à sept jours en moyenne. La virémie (c’est-à-dire la période de présence du virus dans le sang), est donc de transmission possible. Elle s’étale, durant cette période, pendant laquelle le génome viral peut être mis en évidence dans l'organisme. Les anticorps Immunoglobulines apparaissent vers le 5e jour de la maladie et persistent plusieurs mois. L’immunité est donc estimée acquise à vie, ce qui signifie en l'état actuel des connaissances qu'une personne ayant eu le chikungunya ne peut être atteinte une deuxième fois. Lorsque le patient n’en meure pas. Les premiers symptômes peuvent faire penser à une crise de paludisme ou de grippe, ou de leptospirose, à une septicémie, ou à une méningite. Le chikungunya est une maladie qui présente des similitudes avec la dengue (douleurs musculaires et articulaires, forte fièvre, éruption cutanée sur la peau...). La maladie se déclare généralement par une très forte fièvre, parfois au-delà des 40 °C, pendant 3 jours environ. Cette fièvre est suivie d'une éruption de boutons et de courbatures extrêmement douloureuses, ainsi que de vives douleurs articulaires obligeant le patient à garder le lit. Les enfants ne présentent que rarement ces douleurs articulaires. Chez eux le chikungunya se traduit comme une simple grippe. Pourtant à La Réunion, deux enfants de 9 et 10 ans sont décédés dans des cas d'encéphalite et de myocardite (atteintes du cerveau et du cœur). Les douleurs articulaires peuvent persister ou réapparaître pendant plusieurs mois, notamment aux articulations fragilisées (anciennes entorses ou fractures. Attention aux nourrissons dont les douleurs peuvent bloquer la mâchoire et rendre impossible toute alimentation, mais aussi chez les personnes âgées qui sont particulièrement sensibles aux effets de la fièvre (accélération de la fréquence cardiaque, déshydratation). Sont particulièrement exposées à ces risques secondaires à toute fièvre. Les diabétiques, les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque, rénale, ou respiratoire... Les alcooliques atteints par le virus du chikungunya ont présenté des risques accrus d'hépatite mortelle.Aedes albopictus moustique tigre un des vecteurs du virus. Photo Gallia Tanenbaum 2010