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La dermite estivale (I)

le vrai, le faux et le peut-être...

Par le Dr Vét. Thierry Fuss, le Dr. J. Laurent, A.-M .Béa, et en collaboration avec l'Observatoire Animaderm

Culicoïde, qui es tu ?

Par Alain-Michel Bea*, entomologiste.

Un des agents responsables de la dermite estivale récidivante chez le cheval est le culicoïde. Ce genre est responsable également de certaines autres pathologies comme l'encéphalite équine ou la fameuse maladie de la langue bleue chez les bovins.

Le genre Culicoides qui fut découvert par Latreille en 1809, compte certaines espèces qui sont porteuses d'agents pathogènes, pour les animaux. Les culicoïdes appartiennent à la sous-famille des Cératopogonidés) appartenant à l'ordre des Diptères. Cette famille est riche de plus de 1300 espèces et, avec une taille variant de 0,8 à 3 mm ils comptent parmi les plus petits des diptères piqueurs !

Les culicoïdes sont hématophages (ils se nourrissant de sang frais). Ils s'en prennent selon les espèces aux différents mammifères dont l'homme, mais aussi aux oiseaux, reptiles, et aux batraciens ou voire quelquefois d'autres insectes. La victime se rend rarement compte de sa présence avant qu'il n'ait commencé son repas de vampire. Il s'agit de la fièvre catarrhale ovine, et de la peste équine, cette dernière maladie provoquant des symptômes hémorragiques chez les cervidés, et de la très grave encéphalite équine. Ils transmettent également des parasites d'importance vétérinaire, comme des hémoparasites (Haemoproteus sp. chez les oiseaux ; Hepatocystis kochi chez les singes) et des filaires (Onchocerca sp. chez les chevaux et les bovins). Sa piqûre qui donne une sensation de brûlure lui a mérité le nom de « brûlot » par nos voisins Canadiens français. En France, ils sont parfois dénommés par erreur "aoûtats". Ils portent beaucoup de surnoms, en occitan (par exemple) dans le Sud de la France ("arabis", "alambis"), en anglais (punkies, no-see-ums, sand-flies, midges).

«Les larves de Culicoïdes sont présentes dans une vaste gamme d'habitats humides, habituellement au milieu d'une végétation en décomposition»

La famille des Cératopogonidae est, la plus grande et la moins connue des familles de diptères hématophages. Toutefois, à l'exception de quelques espèces de Leptoconops, ces espèces de cératopogonides, qui s'attaquent aux êtres humains et au bétail, appartiennent toutes au genre Culicoidae. On connaît plus d'une 50 d'espèces de ce genre, et la plupart d'entre elles se nourrissent du sang des mammifères ou des oiseaux, mais quelques-unes attaquent exclusivement les reptiles ou les amphibiens.

Les larves de Culicoïdes sont minuscules, et il est difficile de les repérer, bien qu'elles soient présentes dans une vaste gamme d'habitats humides, habituellement au milieu d'une végétation en décomposition. Les larves se nourrissent de matières végétales telles que les algues, les champignons ou les spores de champignon ou bien sont carnivores. Les insectes carnivores ont une tête pointue dont ils se servent pour pénétrer à l'intérieur des larves d'insectes de plus grande taille. Les herbivores choisissent en général des habitats humides terrestres, comme l'intérieur de l'écorce des arbres morts. Les carnivores sont des insectes aquatiques ou terricoles. Les larves de Leptoconops, dont les habitudes alimentaires restent inconnues, ont été repérées à plusieurs centimètres de profondeur dans les plages de sable.

Dans les provinces de l'Atlantique, la présence de Culicoides sanguisuga et d'autres espèces rendent le camping intolérable dans les régions boisées à la fin de juin et en juillet. Dans les régions maritimes, au voisinage des marais salés côtiers, Culicoides furens peuvent être abondants, sans être aussi nuisible que Culicoides occidentalis qui serait le principal vecteur du virus à l'origine de la maladie virale plus connue sous le non de la langue bleue qui affecte le bétail.

La majeure partie d'entre elles vivent en Afrique pour Culicoides austeni, et pour nos régions Culicoides nebeculosus qui n'attaque que les chevaux ; on le rencontre en Grande Bretagne et sûrement en Europe mais il n'y pas de données précises.

*Alain-Michel Bea est entomologiste, et s’est perfectionné auprès du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.↑