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Les premiers stades 2

Les Premiers Stades part. 2Euplagia quadripunctaria Ecaille chinée (Arctiidae) Photo de Yves J. avec son aimable autorisation

 

Système d’alarme « Sonar »

Les Lépidoptères qui volent la nuit sont beaucoup plus menacés que ceux qui volent de jours. Les principales ennemies sont les chauves- souris qui ont un régime alimentaire presque exclusivement d’insectes nocturnes dont les hétérocères. Ne pouvant pas voir leurs proies, les chauve- souris s’oriente au moyen d’un écho- pilote par fonctionne par ultrason, émis par un système de sonar qui lance des échos ondes sur des intervalles très courts, et dont la réflexion leurs permet de reconnaître et d’éviter les obstacles qu’elle rencontre, mais aussi de percevoir leurs proies. Ces cris ne peuvent être perçus par l’oreille humaine. Mais il se trouve que bon nombre d’hétérocères entendent ces sons et s’esquivent à l’approche de l’ennemi. Et se mettent ainsi en sûreté par toutes sorte de manœuvres. L’organe qui permet à ces papillons de percevoir ces bruits se nomme l’organe tympanal ; chez les Noctuidae, les Notodontidae, les Arctiidae celui- ci se trouve placé latéralement au bord postérieur du troisième segment thoracique. Chez les Pyralidae, les Geometridae, les Drepanidae, il est situé au bord de l’abdomen. Cet organe se compose en principe d’une cavité à l’intérieur du corps, dont l’ouverture vers l’extérieur est recouverte d’une mince membrane tympanal, un peu enfoncée et souvent bordée d’un bourrelet, au moins en partie. A cette sorte de tympan est associé un filament nerveux composé de plusieurs cellules. Les variations de pression exercée sur le tympan produisent des excitations nerveuses et sensitives dans cet organe. Il en existe une quantité de semblables. L’organe tympanal ne se contente pas d’enregistrer les sons, il peut aussi en produire.Amphimoea walkeri Boisduval, 1875

Comment les papillons de nuit se nourrissent-ils ?

La grande majorité des Hétérocères préfèrent, pour autant qu’ils soient munis d’une trompe ou de maxilles, la nourriture sous forme de nectar ou de pollen. Ils absorbent le nectar la nuit et le jour pour certains de la même manière que les Rhopalocères sauf pour certains Noctuidae, comme Autographa gamma qui fait du surplace comme les Sphingidae. Afin de trouver de la nourriture les Hétérocères font appel à un odorat très développé, ils perçoivent ainsi le fort parfum qu’exhalent les fleurs pendant la nuit. La trompe de certains nocturnes comme celles des sphinx peuvent être très longue (15cm et plus). Cette particularité à conduit à la découverte d’une espèce de Sphingidae de Madagascar qui était encore inconnue. Depuis longtemps, on savait que sur cette île, il y avait une plante possédant des corolles si profondes que les botanistes se sont demandé comment la fécondation pouvait avoir lieu. On pensait que soit un sphinx ou une chauve- souris pouvait la butiner. Mais il fallait encore que, le sphinx si tel était bien ce type d’insecte qui était capable d’une telle prouesse eût une trompe correspondante à longueur totale de la corolle. La tâche de la découverte est incombée à Lord Lionel Walter Rothschild et à Herr Ernst Karl Jordan qui après de patientes observations en apportèrent la confirmation : cette plante est visitée par un papillon dont la trompe mesure 22 cm de long, elle ne se développe que pendant les visites des fleurs ; le reste du temps elle est enroulée entre les palpes. Ils nommèrent ce papillons du nom de Genre auquel il s’apparentait : Xanthopan de celui de l’espèce à laquelle il ressemblait : morgani et comme ce sphinx existait déjà, ils apportèrent un nouveau nom, celui de la sous-espèce : praedicta (puisque ce mot en latin veux dire ce qui avait été prédit). Mais des espèces avec des trompes anormalement développées ne sont pas rares ; une espèce Neococytius = Cocytius cluentius a une trompe qui mesure 25 centimètres de longueur et il y a encore mieux une espèce d’Amérique du sud également qui mesure 28 centimètres de long, il s’agit de Amphimoea walkeri.Neococytius cluentius (male and female) Coll. et Photo A.M.B. 2010