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Les premiers stades 5

 Les premiers stades Part. 5

Les moyens de défenses

La protection contre les ennemis Cycle évolution de la vie du Flambé

On considère communément les formes bizarres des chenilles comme des moyens de défense ou de simulation. Leur action cependant est loin d’être absolue, car une protection parfaite conduirait inévitablement à une telle prolifération de l’espèce qu’elle détruirait aussitôt l’équilibre biologique. Cependant une certaine protection est bien prouvée. C’est ainsi que les chenilles très poilues et venimeuses sont évitées en général par les invertébrés. Seul le Coucou gris (Cuculus canorus) fait exception en montrant des prédispositions particulières pour ce genre de proies. Leur aspect repoussant ne les protège pas non plus contre les Hyménoptères ou les Diptères parasites. Les chenilles utilisent aussi une autre méthode : beaucoup d’entre elles, vivant à l’air libre et exposées aux regards, se laissent tomber à terre aussitôt qu’elles sentent l’arrivée d’un ennemi et disparaissent dans l’épaisse végétation lorsqu’il en existe au pied de la plante sur laquelle elles vivent. On constate souvent ce type de comportement lorsque l’on part à la chasse aux chenilles, à peine effleure t-on la plante ou sa tige que la larve se laisse choir dans la végétation, ou il est souvent impossible de la retrouver. Les chenilles sans moyen de défense essaient de se confondre ave le milieu naturel d’une manière si parfaite qu’il n’est pas facile de distinguer la branchette de la chenille, (on rencontre ce type de défense chez les Géomètres dont les chenilles sont fort expertes à cette égard, elles peuvent restées immobiles pendant des heures même si on les touche. D’autre part, un fil de soie très fin va de la tête au support et si la chenille tombe à terre, le fil suit la larve en s’allongeant et il lui permet en outre de remonter à l’endroit exact ou elle se situait quand le danger est écarté. Mais l’art du camouflage atteint chez de nombreuses espèces diurnes et nocturnes un degré de perfection incroyablement élaboré. Il faut cependant distingué entre moyen de défense et moyen de dissimulation : les uns servent à la protection lors d’une attaque, les autres à prévenir cette attaque par un camouflage, et l’on peut même en rajouter un troisième, destiné à effrayer l’ennemi qui approche. Le meilleur moyen de protection, qui est aussi le plus simple consiste en une parfaite osmose avec le milieu ; autrement dit l’homochromie. Il est absolument stupéfiant de voir jusqu’à quel degré de fidélité sont copiées certaines structures complètement étrangères à l’insecte qui veut se dissimuler (mimétisme). Les chenilles et les chrysalides rivalisent pour imiter les végétaux et leurs structures compliquées ; le maintien et les excroissances des corps réalisent une parfaite imitation. Ce phénomène est accentué chez l’imago par ce que l’on nomme la somatolyse, c’est-à-dire la disparition apparente du corps aux regards par une disposition particulière des ondes chromatiques. (L’effet produit par la lumière sur les miroirs réfléchissant que forment les écailles chez l’adulte, qui nous l’avons déjà vu au cours de ces pages, l’effet des panneaux voltaïques. Ainsi les moyens de défenses des larves et des nymphes avec leurs couleurs avertissantes, sont un même processus.)Chenille de Proserpinus proserpina le Sphinx de l'Epilobe(espèce protégée) ressemble à s'y méprendre à un petit serpent. Photo A.M.B 1981