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Les Chenilles Processionnaires

Thaumetopoea processionnea la Processionaire du Chêne

Thaumetopoea pityocampa la Processionnaire du Pin

Chenilles de Thaumetopoea pityocampa Photo A.M.B 1995 Bien plus qu'un fléau, cette espèce et sa voisine peuvent causer d'énormes dégats. EIles appartiennent toutes deux à la sous-famille des Thaumetopeinae et à la super-famille des Notodontidae dont elle sont très proche. Le surnom des chenilles fait allusion au mode de déplacement.Il n'est pas rare de voir ces longues processions de larves, qui lorsqu'elle quittent le nid pour se nourrir descendent en file indienne toutes ensembles. Leur activité est surtout nocturne. La chrysalidation s'effectue à terre ou à l'intérieur du nid. Les chenilles sont grégaires et elles vivent par conséquent dans une poche parfois très volumieneuse que l'on nomme NID. Lesquel est accroché aux arbres et il est très soyeux. Celles-ci vivent en colonies dans de vastes bourses soyeuse. Elles s'y retirent pendant la journée; mais la nuit venue elles les quittent pour aller se nourrir et au petit matin elles reprennent le chemin des nids. Les chenille se déplacent toutes à la queue leu leu, il y a un leader qui mène la caravane et s'il  prenait envie a l'observateur de modifier le parcours, que ce passerait-il; Jean-Henri Fabre fit une expérience très intéressante: Prenez par exemple le couvercle d'une lessiveuse (ou si vous voulez d'une poubelle) retournez là et poussez le leader à s'engager sur le circuit fermé; puis soudainement faites changer de place le leader. Vous verrez alors que sans le meneur la colonne est perdueet ne sait plus ce qu'il convient de faire. Les chenilles peuvent tourner ainsi pendant des heures. Jusqu'à ce que, épuisée, l'une d'entre elles se laisse tombé hors du récipient, elle sera bientôt suivit par toutes les autres. Jean-Henri Fabre les fit ainsi tourner 355 fois de suite.

Caractéristiques: Fortement velues, les cheniles processionnaires sont redoutées en raison de leurs poils. Ils sont très fins et pourvus de harpons microscopiques qui sont en relation avec des glandes, et se brisent facilement et disséminés par le vent. Plantés dans la peau et dans les muqueuses, ils y répandent leur sécrétion glandualire corrosive, déterminant de graves inflammations, surtout au niveau des voies respiratoires et des yeux pouvant ainsi entraîner l'étouffement ou la cécité. Depuis ces deux dernières décennies, à cause de la chaleur et de la sécheresse estivale, la Processionnaire du Pin (puisque c'est  elle la plus dangeureuse) elle se rencontre de nos jours jusqu'aux portes de Paris.Imago de Thaumetopoea pityocampa. Photo A.M.B 1995 

 IL EST ABSOLUMENT INTERDIT DE LA TOUCHER SOUS PEINE D' ÊTRE AFFECTE PAR SES POILS EXTRÊMEMENT URTICANT.

 

Les Premiers Stades: Les papillons, qui éclosent pendant l'été, entre juin et septembre selon le climat, pondent leurs œufs déposés en rangées parallèles par petits tas de 150 à 220 sur les rameaux ou les aiguilles de diverses espèces de conifères. L'éclosion a lieu cinq à six semaines après la ponte.

Elle donnera naissance à des chenilles qui mueront cinq fois à des dates variables selon les conditions climatiques; plus on montera vers le nord et en altitude, plus la larve se développera lentement, en abrégeant sa diapause nymphale.

En hiver, les chenilles tisseront un nid soyeux dans lequel elles passeront la journée pour profiter des rayons du soleil. Elles n'en sortiront qu'à la nuit pour s'alimenter, ne se déplaçant qu'en « procession ». La cohésion de la file est assurée par le contact tactile de soie à soie.

Au printemps, la colonie, conduite généralement par une femelle, quitte le nid, toujours en procession pour gagner au sol un endroit bien ensoleillé et pour s'enfouir dans une cavité (un trou de mulot abandonné par exemple) où chacune des chenilles tissera son cocon pour se préparer à la  transformation chrysalidaire. (Il est possible de déterminer le sexe d'une chenille, comment ? Vous le saurez en assistant à mes conférences)

Au bout de plusieurs mois, voire plusieurs années, les chrysalides qui seront parvenues à se transformer en papillon qui sortiront de terre. Le cycle pourra alors reprendre par un  accouplement de la femelle et du mâle qui mourra un ou deux jours après, alors que la femelle s'envolera vers une branche pour y pondre jusqu'à 220 œufs avant de mourir à son tour. Les petites larves écloseront 30 à 45 jours après la ponte.

Dégât: Les chenilles se nourrissent des aiguilles des pins, entraînant une défoliation de l'arbre et en cas d'infestation massive, un affaiblissement important des arbres ouvrant la voie à d'autres ravageurs et parasites.

Les espèces attaquées sont le pin d'Alep, le pin maritime, le pin noir d'Autriche, le pin laricio et le pin sylvestre. Le cèdre est également parasité. Et toutes les essences de chêne sont également atteinte par Thaumetopoea processionea.

Si leurs longs poils (soies) sont inoffensifs, les chenilles projettent dans l'air de minuscules poils très urticants à partir du 3ème stade larvaire. Leur fort taux urticant peut provoquer d'importantes réactions allergiques : démangeaisons, œdèmes (au niveau des mains, du cou, du visage) mais aussi des troubles oculaires ou respiratoires (asthme). Les atteintes de l'oeil peuvent avoir des conséquences très graves si les poils ne sont pas rapidement retirés, car il peuvent entraîner la perte totale de la vue. Il est dangereux de manipuler un nid même vide.

Un insecte dangeureux: Le danger est particulièrement important pour les animaux domestiques : un chien atteint à la langue (qu'il peut avoir utilisé pour lécher les démangeaisons sur son corps) s'il n'est pas traité rapidement par des fortes doses de cortisone, risque la nécrose de la langue. Empêché par conséquent de se nourrir, il doit être... Le plus important est d'avoir le réflexe de rincer la langue et la cavité buccale à l'aide d'eau et de ne surtout pas frotter, ce qui pourrait alors briser des poils urticants et libérer ainsi plus de toxines, aggravant de fait le pronostic. Mais le plus efficace, mais pas le plus facile ne s'exposer.

Ennemi naturel: Chaque stade a son cortège d'ennemis naturels notamment des œufs, des chenilles, des chrysalides et des papillons. Champignons, virus, bactéries, insectes, oiseaux, rongeurs… Des études sont en cours sur la prédation par les mésanges. Nou verrons sur la pages des prédateurs les insectes qui en sont friands.

Moyens de lutte: Lutte mécanique: l'échenillage : pour les surfaces réduites (parcs et jardins), elle consiste à enlever et à détruire les pontes et les nids. les nids seront incinérés. Dans ce cas, il convient de se protéger de tout contact avec les poils urticants des chenilles. Il est conseillé d'utiliser un échenilloir qui est un sécateur au bout d'un long manche.

Le piège à base de phéromone de synthèse (odeur libèrer par le papillon femelle) suspendu dans les pins, attire de fin juin à mi-septembre les papillons mâles. Le piégeage de masse est efficace sous certaines conditions : nombre de pièges, surface où sont disposés les pièges.

Lutte chimique : par pulvérisation aérienne d'insecticides, cette méthode est de plus en plus abandonnée, car souvent avérée coûteuse (la moitié du produit se volatilisait dans l'air).

Lutte biologique : la méthode la plus utilisée est la pulvérisation de toxines produites par une bactérie, le Bacillus thuringiensis var. kurstaki,sur les aiguilles des pins, qui est efficace contre les chenilles de lépidoptères. L'ingestion de ces toxines provoque la mort des larves par septicémie. Les spécialités commerciales homologuées en France ont une persistance d'action très courte, mais aussi une très bonne efficacité sur les stades âgés. L'utilisation en fin d'automne permet ainsi une bonne protection contre cet important ravageur des forêts tout en ayant un impact minimum sur d'autres chenilles du fait de leur non-présence. ®