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Les Scarabées qui sont-ils ?

Les Scarabées qui sont-ils ? suite

Écologie et éthologieLe bousier dans tous ses états Photo A.M.B 2010

Les bousiers se trouvent dans des habitats extrêmement variés : les déserts, les terres cultivées, la forêt et les prairies. Toutefois, ils redoutent les températures extrêmes. On les trouve sur tous les continents, sauf dans l’Antarctique. Les bousiers se nourrissent des déjections d’herbivores et d’omnivores, mais avec une nette préférence pour les ruminants. Plusieurs d’entre eux consomme aussi de champignons, de feuilles et des fruits en décomposition. Ils n’ont besoin d’aucun autre aliment dans la mesure où les excréments contiennent la totalité des nutriments nécessaire leur métabolisme. De même, l’humidité des excréments leur quantité quotidienne en eau. Les larves se nourrissent des fibres végétales non complètement digérées par les mammifères, alors que les adultes ne peuvent manger aucune nourriture solide ; leurs mandibules ne servent qu’à comprimer la matière fécale et à sucer le jus qui s’en échappe, un liquide plein de micro-organismes et d’autres aliments (comme la lymphe de certaines chenilles coprophages qui finissent entre les mandibules d’un bousier). Les bousiers trouvent généralement leur nourriture grâce à leur odorat très développé. Les plus petites espèces, cependant, se bornent à s’accrocher aux cuisses des ruminants en attendant leur subsistance. Des chercheurs de l’université de Lund ont montré qu’une espèce de bousier s’oriente en suivant des signaux polarisés dans la lumière du jour. Mais, très souvent aussi, les bousiers cherchent à s’approprier la pelote d’un congénère, ce qui oblige l’insecte à se hâter de quitter une bouse une fois qu’il a réussi à former une pelote de bonne taille, de peur de se la faire voler. Le plus court chemin étant la ligne droite, l’animal utilise un point de visée qu’il ne quitte plus des yeux pour déplacer son fardeau. L’espèce étudiée par ces chercheurs, Scarabaeus zambesianus, confectionne normalement des pelotes de 2 cm de diamètre, sauf lorsqu’un mâle cherche à s’accoupler avec une femelle ; il va alors confectionner une pelote géante de 5 cm. La femelle montera sur la pelote de temps en temps pour y déposer un oeuf, puis la progéniture se nourrira sur cette pelote. Après éclosion des œufs, le bousier subit au cours de sa croissance une métamorphose complète. Au cours de la période larvaire, l’animal mange la nourriture qui l’entoure. Les piluliers les font rouler puis les enterrent tant pour leur constituer une réserve de nourriture que comme matériau de construction. Dans ce dernier cas, on verra deux scarabées, un mâle et une femelle, pousser la pelote. C'est d’ordinaire le mâle qui pousse la pelote, tandis que la femelle l’attend ou le suit, bien que parfois les deux poussent la pelote. Tous les scarabées semblent programmés pour déplacer leur fardeau en ligne droite, quels que soient les obstacles rencontrés. Pourtant d’autres scarabées sont à l’affût au cours de ce charroi, cherchant à voler la nourriture ; l’agresseur est la plupart du temps un mâle. Il n’est pas rare que ces épisodes se terminent en combat. Après la lutte, le couple séparé, se reforme et poursuit l’acheminement. Lorsqu’un sol suffisamment meuble est découvert, ils commencent à creuser, puis ils s’accoupleront sous terre. Après quoi, seul ou à deux, ils commenceront à former un cocon dans lequel la femelle pondra ses œufs. Quelques femelles restent encore pour veiller sur les larves. Avant Jean-Henri Fabre, les entomologistes se sont longtemps mépris sur le comportement du bousier. L’infatigable observateur mit un terme à la légende du bousier qui appelle ses congénères à l’aide lorsqu’il ne pouvait franchir un obstacle. Par une série d’observations ardues et de patientes expériences, il démontra que les prétendus collaborateurs n’étaient en réalité que des concurrents à l’affût d’une occasion pour s’emparer à moindre frais de la pelote de leur congénère :

Fonction dans l’écosystèmeLe bousier dans tous ses états: il faut pousser la boule jusqu'au nid Photo A.M.B 2010

Les bousiers jouent un rôle particulier dans l’agriculture : en enterrant ou en recyclant les excréments par leur digestion, ils accélèrent la formation d’engrais naturel et enrichissent le sol en matière organique et en sels minéraux. Ils protègent aussi le bétail, notamment les ruminants, des éventuelles infections que les excréments abandonnés à la putréfaction naturelle, pourraient propager par l’entremise des parasites, comme les mouches.

Les Scarabées dans la médecine chinoise traditionnelle

Certaines pratiques de la médication chinoise utilisent les bousiers, comme bon nombre d’autres insectes desséchés, comme ingrédient appelé qianglang

Le scarabée dans l’Égypte antique

L’Égypte a vénéré plusieurs espèces de bousiers, en particulier le Scarabaeus sacer, il l’on même déifié sous le nom de Khepri. Il est sortit un ouvrage en  1994 aux Editions Boubée écrit par Yves Cambefort du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris; le titre de l'ouvrage Le Scarabée et les Dieux qui est remarquable, il dit en résumé: ''Pour les Egyptiens, le scarabée représentait ce qu'il y avait de plus haut, de plus sacré, de plus puissant. Il était à l'image du soleil, leur père et leur dieu. Plus encore, peut-être: il leur promettait la resurrection, la vie éternelle''