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Généralités sur les Fourmis 4

Généralités sur les Fourmis 4

ComportementsColonie de Fourmis
La communication
Les fourmis possèdent un comportement que l'on retrouve chez les poussins consistant à rassembler un grand nombre d'individus afin de créer une colonie fonctionnelle et rapide.

Les fourmis « sentent » avec leurs antennes, mobiles et coudées. Certains individus appelés les soldats ou les vigies disposent de puissantes mandibules.
La communication entre les fourmis se fait surtout au moyen de produits chimiques volatils appelés phéromones émises par diverses glandes, parfois dans une substance lipophile qui recouvre naturellement tout le corps de la fourmi. Comme d'autres insectes, les fourmis sentent avec leurs antennes. Celles-ci sont assez mobiles, ayant - comme mentionné plus haut - une articulation coudée après un premier segment allongé (le scape), leur permettant d'identifier aussi bien la direction que l'intensité des odeurs. Ce système d'orientation olfactif est combiné avec des composantes visuelles (points de repère, position du soleil), capacité à mesurer la distance parcourue.
L'utilisation principale des phéromones réside dans la définition et le repérage de « pistes » olfactives destinées à guider les fourmis vers des sources de nourriture (voir ci-dessous). Les phéromones sont aussi mélangées avec la nourriture échangée par trophallaxie, informant chacune sur la santé et la nutrition de ses congénères. Les fourmis peuvent aussi détecter à quel groupe de travail (par exemple le fourragement ou la maintenance de nid) l'une ou l'autre appartient. De même, une fourmi écrasée ou attaquée produira une phéromone d'alerte dont la concentration élevée provoque une frénésie agressive chez les fourmis à proximité ou dont une concentration plus faible suffit à les attirer. Dans certains cas, les phéromones peuvent être utilisées pour tromper les ennemis, ou même pour influencer le développement des individus. Lasius niger (Fourmi noire) reine et ouvrières Ainsi, la reine produit une phéromone spéciale en l'absence de laquelle les ouvrières commenceront à élever de nouvelles reines.
Certaines fourmis émettent des sons, on parle alors de stridulations (friction de la râpe, formée d'un alignement de côtes, de stries, de dents, d'épines, et du grattoir, qui consiste en une saillie ou un bord vif, qui produit la stridulation, un peu comme le ferait un clou grattant sur une lime ou l'ongle passant sur les dents d'un peigne). Ces sons permettent alors d'attirer d'autres ouvrières pour, par exemple, porter une proie trop lourde pour un individu isolé.
D'autres utilisent aussi la communication visuelle, de moins en moins répandue. Chez les Tetraponeras par exemple, lorsque les larves ont un besoin en nourriture, elles remuent simplement la tête pour que, rapidement, une ouvrière intervienne pour lui ingurgiter de la nourriture liquide de bouche à bouche. Chez les Tisserandes, lorsqu'une ouvrière se lance dans la construction d'un nouveau nid, elle commence par agripper une feuille pour la courber. Elle sera immédiatement rejointe par son entourage qui aura aperçu la scène et qui l'aidera dans sa tâche. C'est ainsi qu'elles pourront rejoindre les bords de deux feuilles pour les tisser entre elles.
La trophallaxie qu'est-ce ?
La majorité des fourmis pratiquent la trophallaxie, qui est  le processus alimentaire au cours duquel une fourmi régurgite une partie de la nourriture qu'elle a ingérée dans son jabot social pour la restituer à une autre fourmi. Le genre Messor a la particularité de n'avoir pas de jabot social et de ne pas faire de trophallaxies.
Comportement collectifFormicidae
Les fourmis attaquent et se défendent en mordant et, pour certaines espèces, en injectant et ou projetant de l'acide formique (formicinae) qui fait fondre la chitine des insectes, ou d'autres substances pouvant engluer un adversaire, ou encore en piquant à l'aide d'un aiguillon (qui chez quelques espèces reste piqué avec la glande à venin dans la peau de la victime).
Chez la plupart des espèces, la colonie a une organisation sociale complexe et est capable d'accomplir des tâches difficiles (exploiter au mieux une source de nourriture, par exemple). Cette organisation apparaît grâce aux nombreuses interactions entre fourmis, et n'est pas dirigée par la reine, contrairement à une idée majoritairement répandue. On parle alors d'une intelligence collective, pour décrire la manière dont ce comportement collectif complexe apparaît, grâce à des règles individuelles relativement simples.
Un classique exemple de comportement purement collectif auto- organisé est l'exploitation des pistes de phéromones. Une fourmi seule n'a pas l'intelligence nécessaire pour choisir le plus court chemin dans un environnement complexe. De fait, c'est la colonie dans son ensemble (du moins, les individus impliqués dans le fourragement) qui va choisir ce chemin.
En 1980, on a pu vérifier expérimentalement qu'une colonie de fourmis (de l'espèce Lasius niger) disposant de deux chemins de longueurs différentes pour rallier une source de nourriture, choisissait plus souvent le chemin le plus court. On sait aujourd'hui qu'un « éclaireur », qui découvre par hasard une source de nourriture, rentre au nid en traçant une piste chimique. Cette piste stimule les ouvrières à sortir du nid et c'est elle qui les guidera jusqu'à la source de nourriture. Après s'y être alimentées, pour vérifier la qualité de la source ; les fourmis rentrent au nid en renforçant à leur tour la piste chimique. Cette communication attire vers la source de nourriture une population de plus en plus nombreuse. Un individu qui découvre une source de nourriture y « attire » en quelques minutes n congénères (par exemple 5) ; chacun de ceux-ci y attirent à leur tour n congénères (25), et ainsi de suite. »
Si l'on considère plusieurs chemins pour se rendre sur le lieu d'approvisionnement, on comprend que les individus empruntant le plus court reviendront plus vite à la fourmilière que ceux qui auront pris le plus long. C'est ainsi que ce chemin comportera une trace olfactive de plus en plus forte par rapport aux autres et sera donc préféré par les fourmis.
On connaît depuis d'autres exemples de ce type, comme la construction du nid, la répartition du couvain dans celui-ci, l'entassement des cadavres de la colonie, l'organisation en «supercolonies », etc.
Écologie et répartitionFormicidae
Répartition

Une estimation du nombre de fourmis vivant aujourd'hui sur terre à un instant donné est environ 10 millions de milliards d'individus. Les fourmis constitueraient 1 à 2 % du nombre d'espèces d'insectes, mais près de 20 % de leur biomasse. Chaque individu ne pèse que de 1 à 10 milligrammes, mais leur masse cumulée est environ quatre fois supérieure à celle de l'ensemble des vertébrés terrestres. Environ 12 000 espèces de fourmis ont été répertoriées en 2005, mais on en découvre régulièrement, essentiellement en zone tropicale et dans la canopée (qui n'est explorée que depuis quelques dizaines d'années). Seules 400 espèces sont connues en Europe, alors qu'on peut compter jusqu'à 40 espèces différentes sur un seul mètre carré de forêt tropicale en Malaisie (668 espèces comptées sur 4 hectares à Bornéo) et 43 espèces sur un seul arbre de la forêt péruvienne amazonienne, soit presque autant que pour toute la Finlande ou les îles
Britanniques. Environ huit millions d'individus ont été comptés sur un hectare d'Amazonie brésilienne, soit trois à quatre fois la masse cumulée des mammifères, oiseaux, reptiles, et amphibiens vivant sur cette surface. Elles jouent un rôle majeur dans le recyclage des espèces et dans la formation et la structuration des sols. Plusieurs espèces vivent en symbiose avec des bactéries, des champignons, des animaux (papillons ou pucerons par exemple) ou avec des arbres ou des fleurs.
En France, les espèces de fourmis les plus fréquentes sont Crematogaster scutellaris, Camponotus ligniiperdus, Formica fusca, Lasius niger, Messor structor, Myrmica rubra, Pheidole pallidula, et Tetramorium caespitum.

Relations coopératives et de prédationFormicidae
• Les pucerons sécrètent un liquide sucré appelé le miellat. Normalement il tombe au sol, mais certaines fourmis s'en nourrissent. Les fourmis tiennent à distance les prédateurs des pucerons et les transportent sur leur dos sur meilleures plantes pour qu'ils se consomment. Certaines les accueillent au sein même de la fourmilière, ce sont en général les espèces qui se nourrissent sur les racines des plantes. Les fourmis sont donc les seuls animaux connus à posséder, tout comme l'homme, des animaux domestiques.
• Des chenilles myrmécophiles ou aimant la fourmi (généralement bleues, cuivrées, ou aux poils rayés) sont mises en pâture comme du bétail par les fourmis le jour, et sont ramenées à l'intérieur du nid des fourmis la nuit. Ces chenilles ont une glande qui sécrète le miellat quand les fourmis les tapotent légèrement du bout de leurs antennes (comme sur la photo, on peut voir la chenille de Maculinea arion, après la 3ème mue, la chenille tombe à terre ou elle est repérée par les fourmis du genre Myrmica. Bien que les sécrétions sucrées soient peu abondantes dans la fourmilière, les phéromones qui attirent les fourmis protège la larve de l'Azuré du Serpolet contre les agressions des fourmis.
Quelques chenilles myrmécophages (insectes qui se nourrissent de fourmis) sécrètent une phéromone qui illusionne les fourmis pour qu'elles prennent la larve pour une des leurs. Les chenilles sont alors emportées dans le nid où elles peuvent se nourrir de larves de fourmi ; on rencontre ce type comportement chez Maculinea alcon (le Protée) le corps de ces chenilles est couvert de très petites glandes qui secrètent des liquides sucrés et, si les fourmis ne les lèchent pas régulièrement, le corps se recouvre de moisissures qui tuent la chenille. Les fourmis enlèvent même leurs excréments. En échange les larves de ce Lycène dévorent la progéniture de leurs hôtes et se nourrissent aussi des provisions des fourmis. On a retrouvé jusqu'à 20 chenilles de Protée dans un seul nid. Ht de Page