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Promenade dans la Vallée

 

La Vallée au fil de l'eau

En parcourant Bernay par la vallée on ne manque de rencontrer un petit lieu- dit, à peine visible de la route : on le nomme « La grosse forge ».

En voici un aperçu historique :Ferrière St Hilaire fief de Charlotte des Ursins Photo A.M.B 2010
La grosse forge :

Située à huit km de Bernay et à six de Broglie.
Le Baron de Ferrières, l'un des barons fossiers de Normandie, était propriétaire de cette forge signalée, dans les aveux de Ferrières de 1604.Ferrière St Hilaire fief de Charlotte de Ursins Photo A.M.B 2010
Sur la carte de Cassini (seconde moitié du XVIIIème siècle) cette forge est localisée par quatre roues, ce qui prouve son importance. Cette forge fonctionna jusqu'en 1853. Puis elle fut transformée, à cette date, en fabrique à métiers de tisserandières (textiles), et, en 1882, elle devint une fabrique à boutons qui ferma définitivement en 1935. Elle est aujourd'hui divisée en plusieurs propriétaires. Ferrière St Hilaire fief de Charlotte des Ursins Photo A.M.B 2010
Les maîtres de forge étaient des personnages assez importants, si on relève les noms de ceux qui eurent cette charge :
François de Harou, sieur du Mesnil, en date de 1678 et 1681. Pierre Mahot, sieur de la Rivière, en 1697, les frères Jean, Charles et François Durand, sieur de Vallance, en 1714 et 1715, Guillaume Charles de Solligny en 1765 et M. Matard en 1790, qui payait à cette époque, un peu plus de 343 livres d'impositions ordinaires.

Broglie.

Trois meuniers sont signalés dans les rôles de fouage de 1524. Sans doute s'agit-il des meuniers des moulins à bley suivant :

'Moulin de Chambrais'' moulin à bleyLe Moulin de Broglie

Très ancien, il est cité pour la 1ère fois dans les aveux en date de 1604 remis au roi par Charlotte des Ursins baronne de Ferrières. Ce moulin dépendait directement de la Baronnie de Ferrières. De l'an de grâce X à 1831 on sait que le meunier s'appelait Deschamps.
Il fonctionna jusqu'en 1935. Ce moulin se trouve aujourd'hui encore au cœur de Broglie en allant vers la Poste vers Bernay par la vallée.
Les nouveaux propriétaires projettent de le restaurer et d'y faire des animations.

'Moulin de Fresnay'' moulin à bley.

Lui aussi fut mentionné dans les mêmes aveux cités précédemment. Lui aussi dépendait de la très importante Baronnie de Ferrières.
En 1688, les habitants de Saint-Aubin du Thenney, obtinrent l'autorisation de la part du baron de Ferrières de venir moudre de Fresnay, moins éloigné de leur village et de ne se rendre au moulin de Thenney auquel les vassaux de Thenney étaient tenus d'aller.
Vers 1700, le meunier se prénommait Gilles Dutheil. En 1708, ce moulin est loué à Charles, fils de Guillaume Menier, venant du pays de Livet en Ouche. Il s'engagea également à prendre en location, le moulin de Chambrais, et payait pour l'ensemble, un fermage de 520 livres. En 1715, Michel Neufville, venu, lui, du moulin Fouret, s'installa au moulin de Fresnay.
1774, on relève le nom de Robert Guernon et l'an III celui de Victor Blin. En l'an X le moulin était exploité par Augustin Tavernier. En 1831 ce fut par Louis Noury.
En 1870 le moulin est transformé en filature de coton. En 1882, une distillerie y fut installée. Ce moulin a en partie disparu.

Moulin de Prey'' moulin à bley.photo Le Moulin de Prey Mars 2010

Nous avons déjà mentionné son appartenance.
A propos de ce moulin, dans ses aveux, Charlotte des Ursins déclare avoir à ses possessions : "un moulin à bley assis au village (et moultiers), jusqu'à grand nombre de personnes et s'estend le dit baon tant en la paroisse du Val du Theil et Saint Aubin du Thenney,... lesquels hommes et subjets sont tenu de moudre tous leurs grains et moulture au dit moulin, sur le danger de forfaiture, à cause duquel moulin, j'ai pareillement droit de prendre sur ceux qui résident dans les aisnesses (et nuements), chaque an, moultes sèches (fourrages) parce que mes hommes ont pareil droit de mouldre aux festes de Pasques, mi-août et la Noël, chacun seize boisseaux de grains sans payer aucune moulture.'' Un peu plus loin, laveu nous précise que les habitants de la Chapelle- Gauthier étaient tenus d'entretenir les écluses du moulin. Puis Charlotte des Ursins déclare avoir droit de pêcherie dans tous ses moulins dont également au moulin de prey.
Comme nous venons de le préciser, étaient de venir moudre au moulin de prey les habitants de plusieurs villages, dont certains éloignés de 5000 mètres environs. Enfin, en 1649, arrive un nouveau meunier qui s'appelait Antoine Harel et venait de Reneville près Vimoutiers.
En 1695, le bail du moulin passé devant le notaire, nous apporte quelques précisions. Nous permettant ainsi de savoir que le meunier s'appelle Vitrouil, et qu'il est tenu d'entretenir le moulin en bon état et de laisser venir y moudre ceux qui y ont droit.
Le bailleur qui est le marquis de Pomponne fournira le bois nécessaire à l'entretien ainsi que les meules si besoin est. Le preneur paiera chaque année la somme de 450 livres.
 Le duc de Broglie le vendit peu de temps après.
En 1802, il appartenait à Jean Neuville et il pouvait moudre 600 kilos de grains par jour. En 1831, il a appartenu Mr Bénard et en 1846 à Mr Delacroix.
Nous ne savons pas à ce jour, à quelle date il cessa son activité céréalière. Mais, en 1909, il fut transformé en laiterie,fromagerie, beurrerie. Il appartenait alors, à une coopérative, puis il fut acheté par le domaine du Tremblay (La Goulafrière) qui avait créé les premières laiteries industrielles dans la région. Il cessa son activité laitière en 1925.
Mais il entra dans notre famille en 1938, et mon grand-père, y fonda une confiturerie industrielle qui était moderne pour l'époque ; elle employa beaucoup de monde, dont certains se souviennent encore aujourd'hui ! Cette activité pris fin en 1955.

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