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Comment faire un Herbier

Constitution d'un herbier

Un peu de respect doit être un préalable à toute entreprise sérieuse de constitution d'un herbier important. Il faut se dire je fais un herbier pour étude et non pas pour mon seul plaisir. Les plantes rares et menacées ne devraient pas, en toute logique, faire partie d'un herbier personnel. Les ouvrages de détermination que l'on trouve dans les rayons des librairies sont en général suffisants pour identifier les espèces les plus communes, mais comportent souvent peu d'indications sur les espèces protégées. L'idéal étant de limiter les prélèvements sauvages aux seules sorties encadrées par des botanistes ou des enseignants avertis dans le cadre d'une association agréée.

Dans le cas de la constitution d'un herbier à but pédagogique, je ne peux que donner les conseils suivants :

- ne récolter que des spécimens dont l'identification ne fait aucun doute ;

- ne pas récolter ceux qui sont isolés ou présents qu'en petit nombre : on imagine facilement qu'un petit groupe de plantes complètement isolé, de quelques plants seulement, peut appartenir à une espèce peu commune dans votre régions. Mais, on peut tout aussi bien tomber sur la station la plus riche d'une espèce unique au monde, ce n'est pas pour cela que vous pourrez récolter cette espèce ;

- pour les botanistes, en particulier les amateurs, il peut être très utile de se procurer la liste des espèces végétales protégées dans la région ou le département que l'on prospecte, afin d'éviter les cueillettes accidentelles.

Paul Victor Fournier le botaniste français auteur des Quatre Flores de France précise à juste titre :

« Ne traitons pas la plante rare en simple objet de collection et ne l'exterminons pas dans ses stations pour satisfaire une simple passion tournée à la manie. Détruire ce que l'on aime est une assez mauvaise façon d'aimer. »

Récolte

Il faut prévoir :

- des feuilles de buvard au format A3 pliées en deux, qui formeront les cahiers de récolte. Il faut en général en prévoir beaucoup : un par variété de plante ;

- des étiquettes pour numéroter chaque échantillon, sur lesquelles on prendra bien soin de noter au moins la date et le lieu de récolte.

- une presse à herbiers.

Sur le terrain :

- prendre une plante entière, ou seulement des morceaux représentatifs (fleurs, feuilles, graines, et même avec les racines qui peuvent être d'une grande utilité) ; pour chaque espèce, prélever au moins deux individus, l'un sera séché, le second servira à l'identification ;

- les placer dans un cahier de récolte avec l'étiquette pour identification. Qui pourra être fabriqué avec du carton fort.

- des morceaux de feuille déchirés en carrés de 5 mm de côté pourront être placé dans du silicagel pour l'étude de l'ADN, la feuille de la plante sera ainsi déshydratée plus rapidement.

SéchagePlants de Karité crédit photo Mia- Rachel Cohen-Herstein

Idéalement, il faut pouvoir disposer de :

- deux planches de bois, 30x40 cm, en aggloméré, ou mieux, en latté;

- de nombreux feuillets : feuilles de papier Canson pliées en deux et coupées en 30x40

- de feuille de papier calque de la même dimension que les planches en bois

Pour chaque plante, on ouvre un feuillet, pliure à gauche, et l'on pose la plante à sécher à plat sur la page de droite, avec beaucoup de soin (ne pas plier les dents), on y ajoute l'étiquette, on referme, et on place le tout dans un feuillet pliure à droite.

Sur une planche qui sera celle du dessous placer :

- quatre feuillets, pliures positionnées à gauche ; une plante ; quatre feuillets, pliures positionnées à gauche ; une plante...etc....

Finir par quatre feuillets, et placer la planche du dessus.

Pour serrer le tout, on utilise soit des sangles, soit 4 tiges filetées avec écrous, une à chaque coin, (mais dans ce cas les planches, trouées, doivent être plus grandes que les feuillets), ou plus simplement en plaçant le tout par terre, et en posant dessus un poids quelconque. Mais pour commencer, ou lors de collectes non prévues, loin de son matériel de séchage personnel, il est tout à fait possible d'utiliser des feuilles de journaux simplement pressées sous un carton rempli ou un quelconque objet très lourd. Il est préférable, pour le séchage, de ne pas utiliser de papier glacé. On peut aussi les sécher au fer à repasser entre du papier absorbant.

Durant les trois ou quatre premiers jours, il est recommandé de changer tous les journaux suivant l'avancement du séchage, puis les jours suivants, tous les deux ou trois jours, jusqu'au séchage complet.

Les professionnels utilisent aussi sur le terrain des séchoirs qui sont composés d'une source de chaleur (réchauds à pétrole ou à gaz) et d'un dispositif permettant de faire circuler l'air chaud à l'intérieur des paquets de spécimens. Les plantes sèchent ainsi en quelques jours. Lorsque la zone étudiée est vraiment trop éloignée et qu'il n'est pas possible de faire sécher les herbiers sur place, il est possible d'imbiber les paquets avec de l'alcool à 60 degrés et de les conserver plusieurs semaines dans des sacs en plastique fort comme ceux utilisés sur les chantiers. Le séchage traditionnel se fait alors au retour de l'expédition.

Une fois le séchage complet de toutes les feuilles, l'échantillon est prêt à entrer dans l'herbier. On peut alors disposer la plante correctement sur une feuille, avec les références que l'on a conservées depuis sa collecte. Les grands herbiers présentés dans les chapitres suivants précisent en général le nom latin et le nom vernaculaire de l'échantillon, la date et le lieu de récolte, et parfois une indication de l'habitat dans lequel la plante a été récoltée.

Entretien

Durant les trois ou quatre premiers jours, il est recommandé de changer tous les jours les feuilles de papier canson (c'est pourquoi je conseille d'utiliser des feuilles de papier ordinaire pour le séchage), puis les jours suivants, tous les deux ou trois jours, jusqu'à ce que séchage soit parfait.

Une fois le séchage complet de toutes les feuilles, l'échantillon est prêt à entrer dans l'herbier. On peut alors disposer la plante correctement sur une feuille, avec les références que l'on a conservées depuis sa collecte. Les grands herbiers présentés dans les chapitres suivants précisent en général le nom latin et le nom vernaculaire de l'échantillon, la date et le lieu de récolte, et parfois une indication de l'habitat dans lequel la plante a été récoltée.

Le nom vernaculaire :

Les grands herbiers sont des sources de données scientifiques importantes, ils vont donc permettre, entre autre, de publier des ouvrages, sur la flore d'une région. Cette flore fera mention des noms vernaculaires figurant sur les échantillons. Si le botaniste recopie sur son herbier les noms vernaculaires signalés dans les livres, il lui de citer sa source, afin d'éviter un raisonnement circulaire (des herbiers citant des ouvrages qui s'inspirent des herbiers). Mais le relevé d'un nom vernaculaire original est une donnée utile et doit figurer, car selon les régions une même plante peut avoir plusieurs noms vernaculaires. Idéalement, le nom de l'informateur, et pour les données glanées sur le terrain (chaman, ou homme de la rue) doit figurer, sur l'herbier bien qu'en réalité, peu de gens le fassent. Mais sachez avant tout qu'il faut l'accord de la personne, vous ne pouvez pas disposer d'un nom sans autorisation.

Correctement conservé à l'abri de la lumière, de l'humidité et surtout des insectes phytophages et xylophages, un herbier peut être conservé toute une vie et bien plus longtemps encore dans certaines grandes institutions conservatrices des spécimens botaniques, comme au Muséum National d'Histoire Naturelle.

Les étiquettes:

L'étiquetage est aussi important que le reste, sachant que si l'on dispose d'un nombre conséquent de plantes, il est préférable de s'y retrouver rapidement dans les reconnaissances. Il est également souhaitable de noter scrupuleusement son nom et son prénom sous chaque plante. Exemple d'étiquette que vous pouvez employer.Etiquette herbier1

 

 

 

 

 

RAPPEL: Il faut considérer que votre collection peut-être prise pour référence lors d'un inventaire alors il est ABSOLUMENT IMPORTANT de noter les dates comme suit: (13-III-2014) la date de ce jour est utilisée pour exemple. Mais ceci pour vous  permettre de mesurer l'ordre des données. Détaillons ensemble la date: en France, le jour de la semaine est en premier, suivit du mois et pour finir l'année. Vous noterez, par ailleurs que le mois est en chiffre romain, alors que les autres ne le sont pas.

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